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Total Recall: l’Autobiographie Incroyable d’Arnold Schwarzenegger

Arnold Schwarzenegger a dominé le bodybuilding, Hollywood et la politique américaine. Dans Total Recall, il raconte comment un gamin autrichien issu d’une famille pauvre a réalisé le rêve américain… et ce que ça lui a coûté.

Autobiographie d'Arnold Schwarzenegger - Total Recall

D’Arnold Schwarzenegger, 724 pages, publié en 2012. Titre original : Total Recall: My Unbelievably True Life Story

Résumé et chronique de l’autobiographie d’Arnold Schwarzenegger: Total Recall 

D’un petit village autrichien à Hollywood, à l’Olympe et au poste de gouverneur: l’histoire complète d’Arnold Schwarzenegger en moins de vingt minutes.

Hors d’Autriche: Discipline, Faim et Premier Rêve

L’histoire d’Arnold Schwarzenegger commence à Thal, un petit village agricole, dans l’Autriche d’après-guerre.

Né en 1947, deux ans après l’effondrement du Troisième Reich, il grandit dans un pays encore affamé par la guerre. Sa mère, Aurelia, glanait de ferme en ferme « comme un hamster ramassant des noix ». Son père, Gustav, était policier et ancien soldat. Il avait des éclats d’obus dans les jambes et surtout les blessures invisibles d’une guerre perdue.

Leur maison n’avait pas de plomberie, seulement un pot de chambre et un puits à cinq cents mètres. Toute la famille se baignait dans la même bassine d’eau (la mère d’abord, le père ensuite, puis les enfants). La discipline régnait dans la famille. Gustav réveillait Arnold et son frère à six heures chaque matin pour les corvées et leur faisait « mériter » le petit-déjeuner par des séries d’abdominaux. Le dimanche, après la messe, il exigeait une rédaction de dix pages sur la sortie familiale, qu’il corrigeait à l’encre rouge, comme à l’école.

La violence et la peur faisaient partie du quotidien. Les colères du père, la ceinture, l’alcool… 

Malgré cela, Arnold en a tiré quelque chose qui l’a suivi toute sa vie : la structure et la discipline

À dix ans, il s’imaginait déjà vivre aux Etats-Unis. Personne autour de lui ne comprenait pourquoi un garçon de Thal rêverait de partir. Mais pour lui, c’était comme une évidence.

Il commençait même à en parler. Un jour, alors qu’il attendait le bus, il dit à une fille un peu plus âgée que lui : « Je vais aller aux États-Unis. » Elle le regarda et répondit : « Oui, bien sûr, Arnold. » 

On se moquait de son ambition, mais ça ne le dérangeait pas : il continuait de partager son rêve avec tout le monde. 

Construire le corps: Trouver un sens à travers la fonte

En 1961, une photo dans un journal va changer sa vie. 

Le professeur d’Arnold lui tend la page des sports, où Kurt Marnul, Monsieur Autriche, apparaît en train de faire un développé couché de 190 kilos. « J’ai été inspiré par cet exploit », se souvient Arnold. Pour la première fois, il réalise qu’un homme peut se sculpter lui-même, comme un sculpteur sculpte du marbre.

Au début, il improvise ses entraînements, guidé par Willi et Fredi, deux de ses amis. D’ailleurs, Fredi répétait une phrase qui allait avoir un impact sur la philosophie de vie d’Arnold :

« Tu dois bâtir une machine physique par excellence, mais aussi un esprit d’excellence. Lis Platon. Prends soin à la fois de ton corps et de ton esprit. »

Arnold est obsédé par l’entraînement. Quand le stade local était fermé le dimanche, il y entrait par effraction. Et pour s’entraîner, il enroulait des serviettes autour de ses mains pour ne pas qu’elles collent aux barres glacées par le froid. « L’entraînement était tout ce à quoi je pensais. »

À cette époque, il dévore les magazines de Reg Park, légendaire culturiste britannique et interprète d’Hercule dans les films des années 60.

C’est à ce moment-là qu’il commence à affiner sa vision, jusqu’à la rendre très précise.

« J’allais viser le titre de Mr. Universe ; j’allais battre des records en powerlifting ; j’allais aller à Hollywood ; j’allais être comme Reg Park. La vision était si claire dans mon esprit que j’avais l’impression qu’elle devait se réaliser. Il n’y avait pas d’alternative : c’était ça ou rien. »

Une fois cette vision claire en tête, il raconte que sa mère remarqua immédiatement que quelque chose avait changé en lui. Son énergie n’était plus la même.

À dix-sept ans, Arnold se produit pour la première fois en public. Et il bat son record personnel ! Après la compétition, il déclare : « Certaines personnes performent mieux devant un public »

Il fait partie de ceux-là. La foule lui donne de la force et une motivation supplémentaire. Plus que tout, ça nourrit son ego.

À dix-neuf ans, alors qu’il sert dans l’armée autrichienne, il demande à son supérieur la permission d’assister au concours Junior Mr. Europe. On la lui refuse catégoriquement. La veille, il s’évade de sa base à Salzbourg et prend un train de sept heures pour Stuttgart, en Allemagne. Il participe au concours… et le remporte ! Il vient de gagner sa première victoire internationale. Mais en rentrant,il passe une nuit en prison militaire pour désertion. Mais d’après ses mots, « Ça valait la peine ».

Ce trophée était la première preuve que son rêve impossible pouvait devenir réalité.

Et Arnold a fait tout cela, sans avoir assez d’argent pour manger de la viande tous les jours.

L’ascension de Mr. Universe: De Graz au reste du monde

Démobilisé de l’armée, où il était conducteur de char, Arnold s’installe à Munich avec pour tout bagage un sac de vêtements et une offre d’emploi dans une salle de sport.

C’était la première fois qu’il vivait en dehors de l’Autriche. L’homme qui l’avait embauché comme entraîneur a essayé d’abuser de son pouvoir sur lui. Mais Arnold a refusé. Cet homme le garda malgré tout à son poste, car il avait besoin d’un entraîneur « star » dans sa salle.

Sans endroit où dormir, Arnold passe ses nuits dans une pièce de stockage et s’entraîne entre deux et trois fois par jour. « Chaque série douloureuse était une étape vers mon objectif. »

Quelqu’un l’aide à cette époque : Albert Busek, rédacteur de magazines, en plus d’être un homme honorable, lui.

Quelques mois plus tard, Arnold participe pour la première fois à Mr. Universe. C’était en 1966, à Londres. Son objectif est d’acquérir de l’expérience. « Je ne m’attendais pas à gagner à Londres ; pas cette fois. Pour l’instant, je voulais simplement voir où j’en étais. »

Et le résultat dépasse toutes les attentes : deuxième place. Surpris lui-même de cette place, il se demande: « et si j’y étais allé pour gagner ? »

Il en a tiré une leçon (qu’il suivra toute sa vie) : ne jamais concourir juste pour concourir. Quand on fait quelque chose, il faut le faire avec l’intention de gagner.

L’année suivante, il vit chez ses mentors britanniques, Wag et Dianne Bennett. Il y perfectionne sa prestance scénique, ses manières et travaille son anglais. Dianne l’aida à corriger son attitude, notamment sociale :

« Ces gens ont payé pour te voir. Prends le temps de leur donner ton autographe. »

Hop! Une nouvelle leçon de vie. À partir de ce moment, il prendra toujours le temps de considérer ses fans, ces personnes qui payent et voyagent pour le voir et admirer son art.

En 1967, il retourne à Londres et décroche le titre de Mr. Universe. Pour la première fois, une foule scande son nom : « Arnold ! Arnold ! » 

Il décrit le moment où il tient le trophée « exactement comme je l’avais imaginé, debout sur le piédestal, regardant vers le bas ». 

Sa visualisation était devenue réalité.

Mais il ne faisait que commencer. Il étudie les méthodes d’entraînement soviétiques, expérimente les premiers stéroïdes (légaux à l’époque) et s’entraîne sous la direction de Reg Park lui-même, en Afrique du Sud. Avec Reg, il comprend que les limites sont souvent mentales.

Arnold Schwarzenegger observe Reg Park lors d'un entraînement de musculation des mollets à charge lourde.

Reg lui disait: « La limite est dans ton esprit », pendant qu’il soulevait 450 kg au mollet… alors qu’Arnold pensait que 150kg étaient physiquement impossibles.

En 1968, il remporte de nouveau le titre de Mr. Universe.

Après cette victoire, il reçoit un télégramme de Joe Weider, le légendaire éditeur du magazine Muscle & Fitness :

« Félicitations. Tu vas devenir le plus grand culturiste de tous les temps. Viens aux Etats-Unis. »

Ce message est son ticket d’entrée sur le continent américain. 

À 21 ans, Arnold monte dans un avion pour les États-Unis : le pays dont il rêvait depuis son enfance !

Hollywood et les Blockbusters: Du bodybuilder à l’icône d’Hollywood

Arnold atterrit aux États-Unis en 1968 avec presque rien : un sac de sport, quelques dollars, et un anglais très approximatif. Il se rend à la compétition de Mr. Universe en pensant la gagner, puisqu’il venait tout juste de remporter un titre international à Londres. Mais il termine deuxième (derrière Frank Zane). Cette défaite l’a impacté mentalement.

Plus tard dans la journée, Joe Weider insiste pour qu’il reste aux États-Unis. Il croit en lui et lui propose de s’installer en Californie en prenant en charge ses dépenses (billet d’avion, appartement, voiture et frais de vie) pour qu’il puisse s’entraîner pendant un an et remporter le titre de Mr. Universe.

Arnold en a tiré une nouvelle leçon de vie dès le lendemain de sa défaite:

« Je n’avais pas tout fait pour me préparer. J’avais compté sur ma lancée après ma victoire de Londres. Je m’étais dit que je venais de gagner et que je pouvais relâcher mes efforts. C’était absurde. À partir de maintenant, si je perds, je pourrai partir avec un grand sourire, car j’aurai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour me préparer. »

En plus de ses entraînements quotidiens, il veut apprendre l’anglais (et les manières américaines). Pour cela, sa première règle est de ne sortir qu’avec des filles américaines (aucune qui parle allemand). Puis, il s’inscrit à des cours d’anglais. Il est très proactif et ne compte pas sur le temps pour que cela « vienne tout seul ».

Prochaine étape : devenir un bodybuilder encore meilleur. Il a commencé à se faire un nom dans l’industrie du bodybuilding, mais il est encore loin de dominer les débats. Pour y parvenir, il doit voir son corps avec honnêteté et analyser les points d’amélioration.

« Pour réussir, il faut être impitoyable avec soi-même et se concentrer sur les défauts. Les bodybuilders qui sont aveugles face à eux-mêmes ou sourds aux retours des autres finissent toujours par décrocher. »

Joe Weider devient son mentor et son second père. Il lui dit souvent: « Tu n’es pas comme ces feignants. Toi, tu veux travailler. » 

Arnold l’aide dans son magasin, ce qui lui permet de pratiquer son anglais et d’apprendre les affaires. Il observe, écoute, apprend le marketing, la distribution, la négociation. Joe Weider insiste sur un principe qu’Arnold réutilisera plus tard dans sa carrière : penser « marché mondial », ne pas se limiter aux États-Unis ou à un seul pays.

L’année suivante, il récupère le titre de Mr. Universe perdu à Miami. 

Dans la foulée, il va concourir à Mr. Olympia, le Graal du culturisme. Mais il perd de peu face à la légende Sergio Oliva. Il accepte sa défaite, sachant qu’il avait tout donné, mais il sait aussi que son heure va arriver.

En 1970, Arnold bat enfin Sergio Oliva. À 23 ans, il est Mr. Olympia, Mr. World et Mr. Universe : le meilleur bodybuilder du monde, sans contestation.

Weider le pousse alors vers son deuxième rêve américain : le cinéma.

Le premier rôle principal d’Arnold, Hercules in New York (1970), est un film à petit budget et qui n’est pas resté dans les mémoires. Mais au moins, il a le mérite d’avoir donné l’opportunité à Arnold de pratiquer son jeu d’acteur et de passer à l’écran. 

L’une des premières choses qu’il fait est d’envoyer des photos à ses parents, accompagnées d’une lettre : « Vous voyez ? Je vous l’avais dit que tout marcherait. Je suis venu aux Etats-Unis, j’ai gagné Mr. Universe, et maintenant je suis au cinéma. »

Plus tard, il se concentre vraiment sur les détails de ses poses de culturisme, en travaillant pendant des heures sur de petits ajustements de position. Pour augmenter ses chances contre son plus grand rival, Sergio Oliva, il l’étudie. Il collecte des vidéos de lui et observe attentivement ses poses afin de planifier les siennes. « Je les répétais et les visualisais ».

Arnold raconte qu’il écrivait toujours ses objectifs (une habitude acquise dans son club d’haltérophilie en Autriche). Il les rendait très précis et les notait sur des fiches. Lorsqu’il est arrivé à Los Angeles, ses objectifs étaient :

  • Obtenir douze crédits supplémentaires à l’université
  • Gagner assez d’argent pour économiser 5 000 $
  • S’entraîner cinq heures par jour
  • Prendre trois kilos de muscle pur
  • Trouver un immeuble à acheter et y emménager.
Fiche cartonnée manuscrite détaillant les objectifs d'Arnold Schwarzenegger en arrivant à Los Angeles, posée sur une table avec un gant de musculation Weider

Avoir ces objectifs le libère. Toutes ses décisions en découlent. Par exemple, on lui a proposé un contrat de 200 000 $ par an pour diriger une chaîne de salles de sport renommée. Même si c’était une somme énorme, il l’a refusé, car cela ne l’aidait pas à atteindre ses objectifs (et à entrer dans le cinéma).

« Rien n’allait me distraire de mon but. Aucune offre, aucune relation, rien. »

Un jour, au printemps 1971, sa mère l’appelle : son frère est mort dans un accident de voiture. 

Ses parents sont dévastés. Arnold, de son côté, ne sait pas quoi dire. Dans sa famille, on ne parlait jamais des émotions. « Tout ce que j’ai pu faire, c’est refouler ça pour continuer à avancer vers mes objectifs. » Il n’est pas allé aux funérailles.

En 1972, il remporte à nouveau Mr. Olympia. Troisième victoire d’affilée.

Arnold en veut toujours plus. Après chaque compétition, il demande aux juges quels sont ses points forts et ses points faibles. Il insiste pour qu’ils soient honnêtes en leur disant: « Vous ne blesserez pas mes sentiments »

Plus tard dans l’année, son père meurt. Malgré les premiers refus, il arrive à convaincre sa mère de venir lui rendre visite aux États-Unis une fois par an.

En 1973 et 1974, il gagne encore Mr. Olympia.

 Arnold prend sa retraite du culturisme après sa cinquième victoire à Mr. Olympia, pour se concentrer uniquement sur sa carrière d’acteur. Il prend des cours de comédie. C’est aussi à cette époque qu’il découvre la méditation transcendantale. Il apprend à déconnecter son esprit à l’aide d’un mantra pendant des séances de vingt minutes. Il réalise (enfin) qu’il avait entraîné son corps pendant toutes ces années, mais jamais vraiment son esprit.

Pour améliorer ses talents d’acteur, il adopte la même mentalité de progression que dans le culturisme : demander des retours. Au début, c’était difficile de ne pas le prendre personnellement. Il a dû mettre son orgueil de côté : «Tu recommences à zéro. Ici, tu n’es rien. »

Après ses débuts au cinéma, on lui propose de concourir une dernière fois à Mr. Olympia. Cette fois, un documentaire sera tourné sur l’événement. L’idée de contribuer à son sport d’une manière plus large le motive, et il accepte.

C’est ainsi que Pumping Iron voit le jour : le documentaire suit la rivalité amicale d’Arnold avec Lou Ferrigno lors de l’édition 1975 de Mr. Olympia. Le charisme d’Arnold crève l’écran.

Pumping Iron fait de lui une célébrité grand public.

Arnold veut devenir une star de cinéma. Là encore, il applique les leçons du culturisme : refuser de participer à quelque chose sans l’intention d’être le meilleur. Il veut être numéro un dans tout ce qu’il fait, y compris dans ses rôles. Heureusement, Arnold avait commencé à investir dans l’immobilier dès qu’il le pouvait ; il n’a donc pas besoin de l’argent du cinéma pour vivre à ce moment-là.

« Je croyais que la seule façon de devenir un acteur principal, c’était de se comporter comme un acteur principal et de bosser dur. Si tu ne crois pas en toi, pourquoi quelqu’un d’autre y croirait ? Pourquoi devrais-je abandonner mon objectif juste parce que quelques agents d’Hollywood m’ont recalé ? »

Il obtient un rôle important dans le film Stay Hungry et remporte un Golden Globe pour son rôle en 1977.

Ce prix fut une confirmation qu’il était sur la bonne voie (et qu’il n’était pas fou 😝).

Puis vient le grand Hollywood : Conan le Barbare (1982), Terminator (1984), Commando (1985), Predator (1987), Twins (1988), Total Recall (1990). Au début on se moquait de son accent, maintenant s’est devenu sa marque de fabrique. 

Il continue d’appliquer la visualisation comme il l’avait fait pendant ses années de culturisme.

Vie privée et engagements politiques

En 1977, il rencontre Maria Shriver, journaliste et nièce du président Kennedy. L’Autrichien bodybuilder républicain et la démocrate issue des Kennedy semblaient être un duo improbable, mais ils partagent la même ambition et le même sens du service.

Ils se marient en 1986 et ont quatre enfants ensemble.

Et si on peut dire quelque chose sur la vie d’Arnold Schwarzenegger, c’est que le succès appelle le succès : à la fin des années 1980, il est l’acteur le mieux payé au monde ! 

Et comme toujours, il cherche de nouveaux défis. Après une opération du cœur en 1997, il réévalue sa vie et sa notion du service. Des projets publics comme les Special Olympics et les initiatives de remise en forme pour les jeunes deviennent des projets centraux dans sa vie.

Dans les années 90, l’ancien président Nixon lui dit : « Tu dois te présenter au poste de gouverneur de Californie. Si tu te présentes, je t’aiderai. »

Le krach de la bulle Internet, suivi par les crises de l’électricité de 2000 et 2001, plonge la Californie dans une situation très difficile. Arnold pense alors : « On ne peut pas continuer comme ça. Il faut du changement. » 

Et le 1er janvier 2001, il inscrit tout en haut de sa liste d’objectifs de l’année : « Explorer la possibilité de me présenter comme gouverneur en 2002. »

Dès le lendemain matin, il prend rendez-vous avec l’un des meilleurs conseillers politiques de Californie.

Il finit par remporter l’élection et sert deux mandats comme gouverneur de Californie. La courbe d’apprentissage a été abrupte, mais il a appliqué la même règle qu’à la salle : chercher des mentors, étudier les meilleurs, assumer ses décisions, et répéter, répéter, répéter.

Pendant ses huit années au pouvoir, il travaille au-delà des clivages politiques, promeut des politiques environnementales, des programmes extrascolaires et l’amélioration des infrastructures californiennes.

En 2011, son épouse Maria demande le divorce…

Arnold avait trompé sa femme avec leur gouvernante pendant qu’elle était partie une semaine en vacances avec les enfants. Ce qui a rendu la décision de Maria irrévocable, c’est que cette gouvernante avait continué à travailler pour eux pendant quinze ans. Maria s’est sentie trahie et a pris la décision ferme de se séparer.

Ils ont quand même continué à faire passer leurs enfants en priorité, et à prendre ensemble les décisions parentales.

Sa façon d’éviter de s’y attarder fut la même que lors de la mort de son frère et de son père : se plonger dans le travail. À la fin de son mandat de gouverneur, Hollywood le rappela pour rejouer dans des films d’action.

Les Règles d’Arnold: Les Dix Leçons de Vie

À la fin de Total Recall, Arnold repense à tout son parcours et le résume en dix règles.

Elles constituent la base de son état d’esprit, le code qui a transformé un pauvre garçon autrichien en symbole mondial de la réussite et des possibles.

Affiche minimaliste listant les dix leçons de vie et règles de succès d'Arnold Schwarzenegger tirées de son livre Total Recall.

Ne jamais laisser la fierté faire obstacle

Apprends, apprends, et apprends encore. Mets ton ego de côté. Demande des retours. Apprends à accepter l’aide quand elle t’est offerte.

Ne pas trop réfléchir

Plus tu en sais, plus tu hésites. Si tu manques de confiance dans ton processus de décision, tu perds en efficacité.

Il n’y a pas de plan B

“S’il n’y a pas de plan B, il devient indispensable que le plan A fonctionne.”

Si tu es anxieux, au lieu d’élaborer des plans de secours, pense au pire qui puisse arriver si tu échoues. Qu’est-ce que cela changerait vraiment ? Tu te rendras vite compte que ce n’est pas grand-chose.

L’humour déjanté peut servir à régler ses comptes

Utilise l’humour autant que possible, envers toi-même et les situations dans lesquelles tu te trouves. 

Il y a vingt-quatre heures dans une journée

Priorise et planifie les actions qui te rapprocheront de tes objectifs chaque jour. Travaille dur.

Répéter, répéter, répéter

Que tu fasses une flexion de biceps dans une salle glaciale ou que tu parles à des dirigeants du monde, il n’existe aucun raccourci. Tout repose sur les répétitions, répétitions, répétitions.

Ne rien reprocher à ses parents

Ils ont fait de leur mieux pour toi. Et s’ils t’ont laissé des problèmes, ces problèmes t’appartiennent désormais : c’est à toi de les résoudre.

Il faut en avoir une bonne paire pour changer

Les plus grands leaders du monde ont toujours choisi le changement pour avancer. Le changement n’est jamais facile, mais « la seule constante dans la vie, c’est le changement », alors autant apprendre à l’accompagner.

Prendre soin de son corps et de son esprit

L’ami d’Arnold, Fredi Gerstl, qui citait souvent Platon, lui disait : « Les Grecs ont inventé les Jeux olympiques, mais ils nous ont aussi donné les grands philosophes. Tu dois bâtir une machine physique par excellence, mais aussi un esprit d’excellence. »

Garde ta faim

Comme le dit David Goggins : « Il n’y a pas de ligne d’arrivée. »

Ce que l’autobiographie d’Arnold Schwarzenegger m’a inspiré à faire:

  • Il a toujours eu de l’ambition et a cru en ses rêves (avec l’insouciance du début et la confiance en ses capacités à réussir par la suite). Il rêvait des Etats-Unis, et même quand on se moquait de son ambition, il ne prenait pas en compte ces moqueries ou jalousie. 

  • Il a visualisé ses réussites encore et encore. Chaque fois qu’il avait un objectif précis en tête, il se visualisait en train de l’atteindre! Il disait même que ses images mentales étaient aussi vraie que nature

  • L’échec est une étape de la réussite. Le plus important est le travail de préparation pour chaque objectif souhaité. Il attribue en grande partie ses réussites à la répétition qu’il a toujours mis en place (que ce soit à la salle pour sa carrière de bodybuilder, dans ses rôles pour sa carrière d’acteur, et ses discours pour sa carrière de politique)

Conclusion sur Total Recall: l’autobiographie d’Arnold Schwarzenegger

Cette autobiographie est très inspirante, et explique d’où vient Arnold et comment il s’est forgé un CV hors-du-commun. 

En principe, les personnes qui ont du succès dans un domaine savent le répliquer dans d’autres domaines, que ce soit en passant d’une profession à une autre, dans l’entrepreneuriat, dans le sport, etc

Mais le cas d’Arnold Schwarzenegger est très rare car il a été la référence mondiale dans trois domaines qui n’ont absolument rien à voir les uns avec les autres… 

Son autobiographie nous explique comment il a pu atteindre de tels sommets. Il est très honnête sur certains sujets, comme le fait qu’il a reçu beaucoup d’aides tout au long de sa vie. Il ne se loue pas de mérite qu’il ne mérite pas. 

Comme c’est une autobiographie, c’était prévisible que 90% des pages nous expliquent pourquoi c’est le meilleur, et on sent que ce recueil est aussi un plaisir pour l’égo. 

Parfois certains détails sont intéressants à lire, mais le livre aurait pu être plus court. Pour reprendre le point précédent, on sent qu’il voulait un « gros livre » parce que raconter sa vie en moins de 500 pages aurait été une insulte à ce qu’il a accompli. 

Points Forts et Points Faibles

Ma note:  8/10

Points Forts: 

  • Pour 20€ environ, on a accès à la construction d’une vie légendaire, reconnu dans le monde entier comme un des meilleurs exemples de réussite ! On découvre au fil du livre  comment il est passé d’un enfant d’une famille pauvre d’un petit village autrichien, au meilleur bodybuilder des années 70, à l’acteur le mieux payé au monde dans les années 80, et Gouverneur de Californie.

  • On comprend les qualités qui lui ont permis d’atteindre autant de succès dans trois domaines si différents: l’ambition, la détermination, la volonté, la discipline, la capacité à se fixer un objectif et à tout organiser autour. 

  • Schwarzenegger décrit aussi comment il utilisait l’imagerie mentale pour se voir atteindre ses objectifs, bien avant qu’ils ne se réalisent. Pour toute personne intéressée par la préparation mentale, ces passages valent le détour.

  • Un aspect souvent sous-estimé de la vision de Schwarzenegger : son sens des affaires. Il était déjà millionnaire grâce à l’immobilier avant de percer au cinéma. Le livre révèle un stratège méthodique derrière le personnage public.

Points Faibles:

  • Trop long. 724 pages c’est beaucoup trop (sans manquer de respect à Arnold 😅). Un livre autour de 500 pages aurait été tout aussi intéressant, mais aurait été plus agréable à lire. 
  • C’est la différence entre une biographie et autobiographie, mais il manque sûrement certaines histoires et anecdotes qui n’auraient pas aidé à l’image de Schwarzenegger. On a parfois l’impression de lire une biographie co-écrite par un responsable de relations publiques. La seule grande faille qui ressort vraiment du livre est la fin de son mariage avec Maria Shriver. Et je trouve que ce passage émet des doutes sur son intégrité, malgré tout ce qui était écrit dans le livre jusque là … 
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