Jouer au golf sans viser la perfection
Le golf, comme tous les sports de précision, se joue dans la tête : découvrez comment les champions transforment leur mental en arme secrète. Ce résumé vous révèle les principes de Bob Rotella pour libérer votre swing, dominer la pression et enfin jouer au niveau de votre potentiel réel.
Lecture : 20 minutes | Application : toute la vie
Bob Rotella, psychologue des champions, révèle dans ce classique que la performance se joue dans la tête. Bien qu’illustré par le golf, ce livre enseigne des principes universels de préparation mentale applicables à tous les sports de précision (tennis, basket, tir…) et même au business.
Vous découvrirez comment gérer la pression, bâtir une confiance inébranlable et performer quand ça compte. Car la différence entre les champions et les autres ? Rarement la technique. Presque toujours le mental.

De Bob Rotella, 205 pages, publié en 1999. Titre original : Golf is not a game of Perfect
Résumé et chronique de Jouer au Golf sans Viser la Perfection
Introduction
L’auteur le dit d’emblée : les concepts sont simples. Le vrai défi est d’y penser chaque jour, à chaque coup. Faites de votre façon de penser une discipline quotidienne : la performance naît d’une pensée efficace et répétée, pas seulement d’heures sur le practice.
Ce qui marche au practice doit tenir face à la pression, sinon repensez votre approche.
Le golf en compétition est, pour moitié, une bataille mentale. Alors, traitez-la avec la même exigence que votre technique.
Chapitre 1: De mon Interprétation des rêves
Les rêves dont parle Rotella ne sont pas des images nocturnes : ce sont ces objectifs conscients qui vous excitent du matin au soir. Ils servent de carburant émotionnel et donnent à la vie une direction.
Premier principe du livre: de grands rêves rendent possibles de grandes choses ; de petits rêves ou l’absence de confiance mènent à la médiocrité.
L’exemple de Pat Bradley l’illustre : elle a osé rêver, a travaillé sa confiance coup après coup, a renforcé son focus mental, et l’année suivante elle a remporté cinq tournois, dont trois majeurs, qui a permis son intronisation au Temple de la renommée (Hall of Fame) en 1991 (son rêve). Après avoir atteint son rêve, elle ne s’est pas fixé un nouveau rêve et n’a plus rien gagné.
Pour atteindre votre potentiel, regardez d’abord à l’intérieur : votre attitude, votre façon de penser. Les champions partagent une volonté forte, un engagement à long terme et la capacité d’ignorer les sceptiques.
Portez votre rêve pendant huit à quinze ans, acceptez la patience, la persistance et le travail solitaire que les autres évitent, et apprenez à savourer le processus car c’est cette routine quotidienne qui enrichit la vie et transforme l’ambition en résultats.
Chapitre 2: Ce que Nick Price a appris de William James
Commence chaque partie en choisissant ton état d’esprit. Décide avant le premier coup comment tu vas penser, puis garde ce même « swing mental » à chaque coup. Quand les premiers coups vacillent, ne les laisse pas prendre le contrôle de ton esprit: ton mental dicte la performance, pas l’inverse. Si une image négative surgit, ramène doucement ton attention sur la cible. Un golfeur peut et doit décider comment penser.
C’est l’application pratique du libre arbitre : tu peux choisir d’être heureux ou misérable, de te voir comme un grand joueur ou comme un éternel perdant. L’identité suit la pensée ; on devient ce que l’on pense de soi. Construis cette identité chaque jour : réveille-toi en visualisant ce que tu feras de bien, et couche-toi en repensant aux progrès accomplis.
Chapitre 3: S’entraîner, puis se faire confiance
Si tu t’entraînes dur mais que ça ne se traduit pas en compétition, le problème est souvent mental, pas lié à ton geste. Comme pour un lancer franc au basket, le golf offre des constantes : routine stable, cible à viser et lâcher-prise sur les détails techniques au moment de frapper. Les meilleurs répètent cela. Sous pression, la peur décale ton focus de « viser la cible » vers « ne pas me rater ». Et cette bascule vers l’évitement déclenche la suranalyse qui paralyse le geste.
La solution est exigeante mais simple : entraîne-toi, puis fais toi confiance. Réserve les corrections techniques au practice et au coach ; sur le parcours, engage-toi dans ta stratégie et utilise le swing que tu as aujourd’hui. Bidouiller sa mécanique en plein round aggrave souvent les choses. Suis l’exemple de Nicklaus : si un club te trahit, mets-le de côté et joue avec les armes en lesquelles tu as confiance ; et règle le problème plus tard à l’entrainement.
Rappelle-toi que la perfection n’existe pas tout le temps, même chez les champions. Les gagnants acceptent le swing du jour et jouent avec. Quand ton swing te paraît défaillant, ne cherche pas à être trop prudent ; cela le rendrait hésitant. À la place, renforce ta confiance : exécute ta routine préalable, visualise le coup et swingue vers la cible.
Chapitre 5: La série des coups réussis: ne pas se nuire.
Les séries exceptionnelles ne sont pas des illusions: elles offrent un aperçu de ton véritable potentiel. Quand tout s’enchaîne naturellement, tu n’es pas « au-dessus de ton niveau », tu es en confiance. Les cibles sont nettes, le swing fonctionne en pilote automatique et les pensées sur la mécanique du geste disparaissent. C’est la leçon à retenir : fais confiance en ton geste, ne bricole jamais ta mécanique pendant la partie.
Ne te persuade pas d’être “chaud” seulement après quelques birdies. Arrive sur le premier tee déjà dans cet état d’esprit : choisis des cibles précises, engage-toi pleinement dans ton plan et laisse la mécanique hors du parcours. Puis, quoi qu’il arrive, protège cet état d’esprit, coup après coup.
Chapitre 6: Retour à la vieille sagesse écossaise
Les grands joueurs n’essaient pas de corriger leur swing au moment d’exécuter.
Ben Hogan en est le parfait exemple: après avoir maîtrisé les fondamentaux, il a renoncé à son « excès d’ambition analytique » et a joué davantage au ressenti; sa régularité s’en est trouvée transformée, même lors des jours sans.
Entraîne la mécanique, puis lâche prise. Visualise, choisis le club adapté au trou, et fais confiance à ta propre manière de swinguer.
Chapitre 7: Ce que voit le troisième œil
Avant chaque coup, choisis la plus petite cible possible. Des objectifs vagues comme « au milieu » ou (encore pire) « ne pas rater à gauche » ne suffisent pas. Ton cerveau et ton système nerveux fonctionnent au mieux lorsque tes yeux se fixent sur un point minuscule.
Nick Price a amélioré sa régularité en refusant de swinguer tant que son esprit n’était pas totalement verrouillé sur la cible. Beaucoup de joueurs parlent même d’un « troisième œil » : les yeux descendent sur la balle, mais la cible reste vive dans leur esprit.
Sois précis au départ, même quand le trou ne présente aucun repère évident. Utilise un arbre (mieux encore, une seule branche). Vise ton schéma de trajectoire habituel, pas la perfection.
Près des obstacles, souviens-toi que l’esprit tend à suivre la dernière image que tu lui donnes. Remplace « ne va pas dans l’eau » par une image de cible claire et positive.
Pendant les parcours d’entraînement, repère les obstacles et pré-sélectionne des cibles précises. Le jour de la compétition, vise de petites cibles, et swingue librement.
Chapitre 8: La préparation du coup
Quand la pression monte, ta routine pré-shot est ton repère et ton ancrage.
Les pros te diront que 80 % de la réussite d’un coup se joue avant même que le club ne bouge. Construis donc une routine complète et réutilisable pour chaque situation.
Principe: La base de la régularité, c’est une bonne routine pré-coup.
Fais-en un moment décisif. Évalue la distance, le vent, la trajectoire, puis choisis ton club. Et si le doute persiste, recule et recommence plutôt que de forcer. Choisis une petite cible précise. Certains joueurs visualisent toute la trajectoire de la balle ; d’autres décident simplement qu’elle ira vers la cible.
Protège tes swings d’essai. Si la technique s’invite dans ton esprit, fais-en deux : le premier (si nécessaire) pour la mécanique, le dernier pour la cible et le ressenti.
Ensuite, garde toujours une fin simple : regarde la cible, regarde la balle et swingue. Quelques secondes supplémentaires invitent des pensées supplémentaires, alors garde bien le même rythme à chaque coup. Sous pression, veille à ce que le temps entre ton dernier regard et le démarrage du backswing ne s’allonge pas.
Évite les pensées techniques si possible. Si tu dois en avoir une, limite-toi à une seule par partie et pour les coups de plus de 110 mètres.
Garde ta routine courte, simple et répétable.
Chapitre 9: La fluidité de l’approche
Si vous voulez abaisser vos scores, travaillez le jeu court : tout se joue à moins de 110 mètres. Rééquilibrez vos séances : la majorité du temps (près de 70 %) doit être consacrée aux wedges, chips et putts. Près du green, chippez avec l’intention de rentrer la balle, pas seulement de vous approcher du trou.

Apprends à aimer finir, c’est-à-dire à faire entrer la balle dans le trou. Maîtrisez le petit jeu avant de chercher la perfection du grand swing, et vos résultats s’amélioreront.
Chapitre 10: Ce que j’ai appris de Bobby Locke
Commence par protéger ta confiance. Ne t’attarde pas sur les putts manqués et ne frappe jamais un putt dans le doute. Adopte un état d’esprit orienté vers la réussite (« je vais le rentrer ») plutôt que l’évitement (« ne le rate pas »). Cette attitude est la colonne vertébrale d’un grand putting.
Construis une routine décisive et respecte-la. Lis le green et décide ta stratégie (la détermination compte plus que la perfection). Visualise la trajectoire si cela t’aide, choisis une cible précise, puis suit un rythme régulier : regarde la cible → regarde la balle → lâche prise et joue. Garde un rythme constant. Si le doute s’installe avant de jouer, recule et recommence.
Maîtrise ton intention de vitesse : sur les putts en descente, imagine la balle franchir à peine le bord avant du trou sur sa dernière rotation ; sur les putts en montée, visualise-la frappant le fond de la coupe.
Et vise toujours à rentrer chaque putt! Ne vise pas un cercle d’1m autour du trou.
Aime le putting, quels que soient les greens sur lesquels tu joues. Choisir cette attitude nourrit la confiance.
Entraîne-toi intelligemment. Travaille les putts courts avec ta routine et ton rythme ; un simple miroir peut t’aider à stabiliser la position des yeux et ton alignement. Accepte les échecs occasionnels. Paradoxalement, accepter de rater te libère et augmente tes chances de réussite. Après chaque putt manqué, reste calme et décisif sur le suivant, et continue à te donner une vraie chance à chaque coup.
Chapitre 11: Le golf n’est pas un exercice de perfection
Accepte d’emblée une vérité libératrice : le golf n’est pas une quête de perfection, mais une succession de réactions appropriées à ce qui se passe.
Construis une routine dont l’étape finale est l’acceptation : peu importe ce qui vient de se passer, respire, efface-la scène mentalement et concentre-toi entièrement sur le coup suivant.
Cherche toujours à réduire les erreurs, mais cesse d’exiger la perfection.
Ce changement protège les deux éléments dont ton score a le plus besoin sous pression : le rythme et le flow.
Quand tu rates, laisse tomber la colère. La crispation et l’analyse instantanée du geste ne font qu’empirer les choses. À la place, fais un reset rapide : efface la scène, range la mentalement dans un tiroir ou change de chaîne — puis réengage-toi.
Garde des attentes à long terme (le travail constant conduit à l’amélioration), et concentre-toi sur le processus pendant la partie. Crois que ce coup ira vers la cible, mais ne laisse pas ton humeur dépendre du fait qu’il doive absolument y aller.
Au départ du premier trou, fixe-toi deux intentions : prendre du plaisir, et placer ton esprit là où il doit être sur chaque coup. Sois ton propre caddie: encourageant, factuel, jamais insultant.
Le coup précédent est terminé ; le seul acte constructif maintenant, c’est de frapper le suivant du mieux possible. Reste optimiste et enthousiaste, et attends-toi à faire quelques erreurs.
Les difficultés font partie du golf. Considère chaque difficulté comme une occasion de scorer.
Protège ta concentration. Quatre ou cinq absences peuvent te coûter ta partie.
Équilibre aussi ton exigence au travail : évalue-toi honnêtement, puis décide soit de t’entraîner davantage, soit de lever un peu le pied si tu t’acharnes sans plaisir. Garde ton attention sur le processus, et ton meilleur score du jour suivra naturellement.

Chapitre 12: N’importe qui peut gagner en assurance
Ta confiance t’appartient. Elle est façonnée par ce que tu penses de toi et de ton jeu. À chaque coup, garde les choses simples : visualise la balle allant vers la cible. La confiance n’est pas une garantie de succès; mais elle augmente considérablement les chances de réussite. Ça ne veut pas dire qu’on parierait sa maison sur un coup, parce qu’on est conscient des statistiques. Mais avant chaque coup, on croit pleinement en ses chances de le réussir.
Rejette vite les pensées négatives. Elles fonctionnent presque toujours… dans le mauvais sens. Remplace-les immédiatement par la cible que tu veux atteindre.
Le golf mettra ta confiance à l’épreuve, alors soit pro-actif et imagine toi que ta confiance grandit à chaque partie, chaque tournoi, chaque saison.
Sélectionne les pensées utiles, surveille et remplace tes pensées qui ne te servent pas. Fais-le avec constance et discipline, jusqu’à ce que la pensée confiante devienne ton mode de pensée automatique sur le parcours.
Chapitre 13: Ce que Mark Twain et Fred Couples ont en commun
Mark Twain disait que l’incapacité d’oublier peut être plus dévastatrice que l’incapacité de se souvenir. Le golf en est la preuve. Après quelques saisons, tu transportes un entrepôt de souvenirs à chaque coup; alors choisis lesquels garder en mémoire.
Utilise ton libre arbitre pour construire une mémoire à court terme pour les échecs, et une mémoire à long terme pour les réussites.
Utilise l’émotion avec intelligence. Beaucoup de golfeurs investissent une forte charge émotionnelle dans leurs erreurs (colère, frustration), gravant le raté dans leur mémoire, puis considèrent les bons coups comme “normaux”, si bien qu’ils ne s’en rappellent pas.
Inverse le processus : quand tu frappes un excellent coup, savoure-le et célèbre-le. Tu renforces ainsi la mémoire dont tu auras besoin plus tard.
Rends cela concret. Avant chaque coup, choisis la mémoire à partir de laquelle tu vas jouer. Si une image parasite surgit, remplace-la par le dernier bon coup que tu as réussi avec ce club, cette trajectoire ou cette distance. Quand tu rates, efface rapidement ; quand tu réussis, enregistre-le coup avec une grande émotion.
Légende: la légende Kobe Bryant a donné un conseil similaire à Tony Parker
Chapitre 14: Lutter malgré la peur
Rappelle toi: la nervosité (physique) n’est pas la peur (mentale). La peur te fait essayer de contrôler le club. La nervosité, si tu l’acceptes, peut être utile.
Une fois aligné et ta cible choisie, agis comme si tu te fichais de l’endroit où ira la balle: fais confiance à ton swing et laisse-le faire.
Utilise ton libre arbitre pour choisir de meilleures pensées : fais de la cible et de la visualisation le cœur de ta routine au départ.
Il n’y a pas d’astuce rapide, seulement un effort patient.
Le courage et la peur sont les deux faces d’une même médaille. Impossible d’être courageux quand on n’a pas d’abord connu la peur.
Chapitre 15: Ce que j’ai appris de Seve Ballesteros
L’histoire de Seve rappelle qu’il faut jouer comme un artiste. À son meilleur, il voyait le coup, trouvait des ouvertures depuis le rough et faisait confiance à son wedge depuis l’avant-green (en s’attendant à réussir). La poursuite d’une mécanique « parfaite » lui a volé cet état d’esprit. Après un raté, il pensait à la technique plutôt qu’à la cible, et la joie (comme les victoires) s’est évanouie.
La leçon pour nous est simple : laisse la cible et la confiance te guider. Ce qui fait gagner, ce n’est pas un swing irréprochable ; c’est la gestion de parcours, le petit jeu, le putting et la patience.
Protège ta confiance et ta créativité, car une fois ébranlées, leur reconstruction prend du temps.
Chapitre 16: stratégie prudente, swing confiant.
La télévision adore les séquences spectaculaires, mais les coups audacieux et téméraires ne rapportent pas assez souvent. La meilleure formule est simple : stratégie prudente, swing confiant. Choisis le coup que tu sais pouvoir réussir afin de pouvoir swinguer avec agressivité et confiance. L’inverse, c’est-à-dire viser trop grand avec un swing hésitant, produit de mauvais coups et des scores très élevés.
Joue selon ta confiance, pas selon le “coup de héros” de quelqu’un d’autre, et laisse ton swing sûr et engagé faire le scoring.
Chapitre 17: Plan de Match
Joue avec un plan. Tout comme un entraîneur de football n’improvise pas sa stratégie le jour même, tu ne devrais pas aborder une compétition importante sans une stratégie adaptée à tes forces et couvrant tes faiblesses. Planifier (idéalement en parcourant le parcours à pied ou en les visualisant mentalement en partant du dernier trou jusqu’au premier) signifie moins de décisions émotionnelles et improvisées, et plus d’exécution calme. Adapte ce plan à ton jeu, mets-le à jour au fil de tes progrès, et engage-toi : croire en ton plan compte autant que le plan lui-même.
Sois positif et réaliste: évalue les risques, puis choisis des coups que tu peux réellement exécuter. Attends-toi à rencontrer de l’adversité, les mauvais coups font partie du golf. Et prépare des plans de secours pour chaque situation possible. Surtout, sois décisif : choisis une cible, choisis un club, et crois en les deux.
En cas de doute, penche-toi vers le choix le plus prudent. Ce mélange de planification intelligente et de swing confiant produit les meilleurs scores.
Chapitre 18: Réussir malgré la tension
La compétition ne change pas le parcours, elle change la perception que tu as du parcours.
Rotella nous dit: on craque sous la pression lorsque les émotions (peur, doute, colère) volent notre attention du coup à jouer. La solution est simple en principe: entraîne ton esprit.
D’abord, reformule la nervosité. L’adrénaline, les paumes moites et le cœur qui bat fort sont normaux et peuvent améliorer la performance. Les meilleurs acceptent la réaction du corps et gardent leur esprit stable. Au lieu de lutter contre ces sensations, concentre-toi sur ta routine, choisis une cible précise et suis ta stratégie comme si tu étais au practice.
Ensuite, reste dans le présent. Évite les pensées orientées vers le futur (records, scores ou scénarios imaginés).
Ne laisse pas les corrections mécaniques envahir ton esprit ; elles rigidifient ton swing.
Si tu es en retard, résiste à l’envie de tenter le tout pour le tout. Reste fidèle à ton plan, joue prudemment quand tu doutes et engage-toi pleinement sur chaque coup.
Troisièmement, gère les interruptions avec intention. Utilise le jeu lent ou les interruptions dues à la pluie pour te détendre puis reprends avec des swings d’échauffement réalistes lorsque le jeu reprend. Entre les coups, laisse ton esprit se reposer.
Enfin, attends-toi à ce que tes adversaires jouent bien. Anticiper le meilleur de leur part protège ta concentration. Analyse calmement les moments de craquage, entraîne-toi à appliquer les correctifs mentaux et reconstruis patiemment l’habitude de rester présent quand cela compte le plus.
Chapitre 19: Quand le tableau des résultats vous interpelle
Quand on se focalise sur le score, notre manière de jouer change.
Ces pensées du type « et si » (passer sous les 90, gagner l’Open,…) te font sortir du présent et t’amènent à contrôler ton swing au lieu de le laisser libre et confiant, comme il doit l’être.
La solution est simple, brutale et pragmatique : joue un coup à la fois.

Si tu le peux, repousse le moment de compter ton score, comme le font de nombreux pros, et fais le total seulement après la partie. Si tu dois consulter le tableau, prends l’information, puis recentre-toi immédiatement sur le coup suivant.
Chapitre 20: Les adversaires
Considère tes adversaires comme un carburant, pas comme des ennemis.
Tes premiers opposants sont le parcours, puis toi-même. Donc, concentre-toi d’abord sur la gestion du parcours et la discipline mentale avant de te préoccuper des autres joueurs.
Apprécie tes concurrents, car leurs progrès te poussent à t’améliorer.
Attention de ne jamais transformer l’admiration en intimidation. Présente-toi au départ en croyant que tu peux battre n’importe qui et laisse-leur la charge de te prouver le contraire.
Chap 21: S’entraîner pour s’améliorer
L’entraînement est le moteur de la progression, mais seulement si tu t’entraînes de la bonne manière.
Rotella distingue deux états :
- la mentalité d’apprentissage (analytique, centrée sur le changement)
- la mentalité de confiance (axée sur la routine et l’acceptation).
Les deux sont utiles, mais l’habitude que tu cultives au practice est celle qui réapparaîtra sous pression. Fais de la confiance ton mode dominant : consacre au moins 60 % du temps d’entraînement à l’état d’esprit de confiance. À l’approche de la compétition, pousse-le à 70–90 %, de sorte que ta pensée avant coup se résume à trois mots : cible, routine et acceptation.

Sois intentionnel au practice. Choisis toujours une cible et applique ta routine avant coup. Donne la priorité au petit jeu : les coups de moins de 110 mètres devraient occuper la majeure partie de tes séances ; limite le travail de plein swing à environ 30 %. Pour le putting, concentre-toi sur l’attitude et la routine ; réserve les ajustements techniques à des séances en intérieur, sans balle.
Lorsque tu modifies ton swing: procède à un changement par leçon, une seule pensée technique (à utiliser uniquement sur les coups de plus de 110 mètres), et environ 12 heures de répétition au practice pour ancrer le mouvement avant le changement suivant. Choisis un entraineur qui renforce ta confiance ; si, après un temps raisonnable, tu te sens encore maladroit et incertain, envisage de changer de coach.
Enfin, utilise la visualisation mentale. Imagine avec précision des situations sous pression (les sons, les images, et même la manière de gérer calmement les erreurs) afin que ton esprit et ton corps s’y familiarisent. Résiste à l’envie d’analyser immédiatement chaque coup imparfait.
Pratique avec sens et régularité: la confiance acquise sur le practice t’accompagnera en compétition.
Bonus entre les lignes
Quelques phrases de l’auteur m’ont sauté aux yeux par leur valeur sur l’état d’esprit. Ce sont souvent de petites phrases, glissées un peu « au hasard », pas en lien direct avec le chapitre. Celle qui m’a le plus marqué est celle ci:
« L’idée est si simple qu’il est facile de la rejeter. » (chap 2)
Le succès et le changement sont souvent la conséquence d’actions « simple ». Lorsqu’une idée est simple, ça ne veut pas dire qu’elle n’a pas de valeur. Le plus dur est souvent d’arriver à élaguer une idée ou une théorie jusqu’à ce qu’elle devienne le plus simple possible.
Conclusion Personnelle du livre Jouer au Golf sans Viser la Perfection de Bob Rotella
Très bon livre, agréable à lire. Personnellement je ne joue pas (encore) au golf donc certains exemples ou certaines parties techniques ne me parlaient pas spécialement. Mais pour un joueur de golf, je peux imaginer le plaisir de lire chaque chapitre.
On ressent que l’auteur aime passionnément son sport, et qu’il a énormément d’expérience sur le sujet qu’il nous partage dans ces quelques 200 pages.
C’est incroyable de se dire qu’on peut avoir accès à des dizaines d’années d’expérience d’un expert, en quelques centaines de pages!
Ce que je retiens du livre (et vais mettre en place)
Voici les idées principales que je retiens de ce livre, et que je vais appliquer dans ma pratique sportive (et dans ma vie personnelle et professionnelle pour certaines!)
- Ton mental dicte la performance, pas l’inverse.
- L’importance de la routine: 80 % de la réussite d’un coup se joue avant même que le club ne bouge.
- Ne pensez pas à la technique pendant votre geste de tir.
- Acceptez les mauvais coups et concentrez-vous sur le suivant.
- Pensez uniquement à ce que vous voulez voir se produire (surtout lorsqu’il y a des obstacles évidents !).
- Nos adversaires sont le carburant qui nous permet de nous améliorer
Points Forts et Points Faibles du livre Jouer au Golf sans Viser la Perfection
Ma note: 7/10
Points Forts:
- Mentionne beaucoup de sujets, et réponds aux problématique que beaucoup de sportifs (même hors-golf) se posent 🙂
- Facile à lire
- Remplie d’exemples et expériences
- Les leçons sont intemporelles
Points Faibles:
- Exemples qui datent un peu
- Parfois les chapitres sont établis sur la base d’un seul exemple
- Énergie masculine (par exemple, quelque chose du genre: personne ne t’oblige à penser comme ça, tu as la capacité de changer tes pensées pour changer ton jeu. Manque un peu d’empathie et de d’aide derrière ces conseils)